mardi 11 mars 2014

La prestance d'une Dame de la Renaissance

On la croirait sortie tout droit d'un film d'époque, voici la très belle réalisation de Madame de Caylus:
une robe renaissance vert et or. 

http://tissus-galon.com/index.php?id_category=21&controller=category

Réalisation: Madame de Caylus

Et une photo encore pour la route car je la trouve so Tudors, Henri VIII n'a qu'à bien se tenir!


Merci encore à Madame de Caylus pour m'avoir fait parvenir ces très belles photos!

mercredi 5 février 2014

Imagine...Cosette 3/3

Vous l'aurez longtemps attendu voici l'article final sur le costume de Cosette, lorsqu'elle devient Baronne de Pontmercy.

Robes 1830
 Tout juste fiancée elle reçoit de la part du grand père de Marius les attributs du rôle social qu'elle va désormais endosser: les matières en plus d'être à  la mode se font extrêmement précieuses et raffinée.

«Pékins, damas, moire peintes, robes de gros de Tours flambé, mouchoirs des indes brodés d'un or qui peut se laver, dauphines sans envers en pièces, point de Gênes et d'Alençon parures en vieille orfèvrerie...» et encore «une magnifique robe de moire antique couleur thé»

Pékin: étoffe de soie rayée alternant bandes brillantes et bandes mat

Damas: étoffe de soie brillante dont le tissage forme des motifs tons sur tons ou contrastés.

Damas de soie, XIX°, MET
Moire: tissu à motif d'ondulation produit par le tissage
 
Robe d'époque, 1830's, en moire blanche
 
Cosette se marie le 16 février 1833, en blanc: « Cosette avait sur une jupe de taffetas blanc sa robe de guipure de Binche, un voile de point d'Angleterre, un collier de perles fines, une couronne de fleurs d'oranger; tout cela était blanc, et, dans cette blancheur, elle rayonnait. C'était une candeur exquise se dilatant et se transfigurant dans la clarté.»



 Différents modèles de robes de mariées d'époque 1830's
Ainsi aux vêtements noirs qui marquent l'entrée dans la vie de Cosette quittant Montfermeil, s'oppose le blanc et la clarté de Cosette devenant la femme de Marius, car elle est avant tout la femme de Marius avant d'être madame la baronne de Pontmercy; elle le dit : «Je m'appelle Marius. Je suis madame Toi.» 
La référence au blanc pour une robe de mariée en 1833 peut paraître étrange; beaucoup s'accordent à dire que le blanc ne devient à la mode qu'après le mariage de la reine d'Angleterre victoria, en 1840; cependant nous voyons la future Duchesse de Berry, Marie Caroline de Bourbon, se marier en blanc dès 1816! Mais le symbole du blanc voulu par l'auteur l'emporte sur ces détails.

La vie de baronne amènera Cosette à changer plusieurs fois par jours de tenue et à chaque moment de la journée et convention sociale correspondra un certain type de robe. Par exemple les bras nus et les décolletés sont réservés aux robes du soir.

Robe de jour:


Musée de Philadelphie, 1830
Robe de promenade:


Tenue d'attelage:

 Robe de soirée:



Le nouveau cercle social de Cosette ne tolérera pas  son ancien protecteur Jean Valjean et en accédant aux fastes de sa vie de Baronne il lui faudra renoncer à son affection.
Ce n'est qu'à l'ultime moment que Jean Valjean retrouvera celle qui fut son "ange", et une des dernières choses qu'il remarquera avant de mourir est son col richement brodé, signe ultime que l'enfant chétive dont il a religieusement gardé le costume noir n'est plus.

mardi 26 novembre 2013

Imagine...Cosette 2/3

Cosette jeune fille

De la pensionnaire de couvent à l'ingénue

Bien souvent on ne retient du personnage de Cosette que l'enfant martyre et misérable, considérant la jeune femme qu'elle devient dans la dernière partie du roman comme trop mièvre, lui préférant Eponine, dont elle est le double inversé. Certes Cosette enfant est devenue une référence, un symbole, un personnage mythique. Mais si le personnage de Cosette est simplement romanesque dans la dernière partie, il n'en demeure pas moins essentiel et riche dont l'évolution de condition et de caractère se lit dans sa vêture.

Cosette est née à la fin du premier empire, en 1815, des amours éphémères d'un étudiant peu scrupuleux et de Fantine, jeune ouvrière. Dès sa naissance elle connaît l'abandon, de son père d'abord, puis de sa mère qui la confie aux Thénardier car son statut de mère célibataire est un frein à l'obtention d'un emploi. 



«En France, jusqu’à la fin des années 1870, date à laquelle les premières crèches sont ouvertes, les femmes qui travaillent n’ont pas de mode de garde et sont obligées de recourir à une «gardienne» ou à une «soigneuse». Lorsque la mère décède, abandonne son enfant ou se trouve dans une ville trop éloignée pour pouvoir le visiter régulièrement tout peut arriver: les bambins sont à peine nourris et mal vêtus; dès que possible, ils travaillent jusqu’à quinze heures par jour, sans repos hebdomadaire; ils sont frappés sous le motif le plus futile. Lorsque personne n’est venu les rechercher, à l’adolescence, la famille d’accueil a tous les droits sur eux...» (Myriam Tsikounas).
Dès 1818, Cosette se retrouve condamnée à subir la méchanceté des Thénardier ; exploitée et misérable, d'enfant chérie par sa mère elle devient la plus misérable des servantes: «Comme elle n'avait plus de trousseau, on l'habilla des vieilles jupes et des vieilles chemises des petites Thénardiers, c'est à dire de haillons"

 Cosette et le poupée offerte par Jean Valjean, Léon François Comerre

Elle est sauvée le jour de Noël 1823 par Jean Valjean informé de son existence par Fantine mourante. Cosette quitte alors l'auberge de Montfermeil pour un couvent parisien. Pour marquer la rupture l'auteur souligne le changement de vêtements: «une petite robe de laine, un tablier, une brassière de futaine, un jupon, un fichu, des bas de laine, des souliers, un vêtement complet pour une fille de sept ans. Tout cela était noir»; ainsi par la couleur du deuil est souligné le lien avec Fantine la mère décédée, inconnue de sa fille; et par la qualité des vêtements le changement radical de statut; «Cosette n'était plus en guenilles, elle était en deuil. Elle sortait de la misère et elle entrait dans la vie»


 Reproduction de la mode enfantine sur le site fashion-era

Marius la rencontre au jardin du Luxembourg, où ils se croisent et se remarquent; à ses yeux «c'était une façon de fille de treize ou quatorze ans, maigre, au point d'être presque laide, gauche, insignifiante, et qui promettait, peut-être d'avoir d'assez beaux yeux... Elle avait cette mise à la fois vieille et enfantine des pensionnaires de couvent, une robe mal coupée de gros mérinos noir»; Marius et Cosette se croisent sans se parler deux années.


Robe de 1830 présentée aux enchères.

Cosette devient une jeune fille: «mais il lui parut que ce n'était plus la même jeune fille. La personne qu'il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme ….C'étaient d'admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées, un front qui semblait fait de marbre, des joues qui semblaient faites d'une feuille de rose, un incarnat pâle, une blancheur émue, une bouche exquise d'où le sourire sortait comme une clarté et la parole comme une musique, une tête que Raphaël eut donnée à Marie posée sur un cou que Jean Goujon eût donné à Vénus. «En six mois, la petite fille était devenue jeune fille....Hier on les a laissées enfants, aujourd'hui on les retrouve inquiétantes» 

 
Encore une fois les vêtements changent: «Et puis ce n'était plus la pensionnaire avec son chapeau de peluche, sa robe de mérinos, ses souliers d'écolier et ses mains rouges; le goût lui était venu avec la beauté; c'était une personne bien mise avec une sorte d'élégance simple et riche et sans manière. Elle avait une robe de damas noir, un camail de même étoffe et un chapeau de crêpe blanc. Ses gants blancs montraient la finesse de sa main qui jouait avec le manche d'une ombrelle en ivoire chinois, et son brodequin de soie dessinait la petitesse de son pied»

 P.G Jeanniot, cosette Jeune fille


« Elle sut tout de suite toute la science du chapeau, de la robe, du mantelet, du brodequin, de la manchette, de l'étoffe qui va, de la couleur qui sied, cette science qui fait de la femme parisienne quelque chose de si charmant, de si profond et de si dangereux.» «En moins d'un mois Cosette fut dans cette thébaïde de la rue de Babylone une des femmes, non seulement les plus jolies, ce qui est quelque chose, mais «les mieux mises» de Paris, ce qui est bien avantage»

Jean Valjean ne remplace pas toujours une mère: «une mère , par exemple, lui eût dit qu'une jeune fille ne s'habille point en damas» et puis ajoute l'auteur: «Pour former l'âme d'une jeune fille, toutes les religieuses du monde ne valent pas une mère. Cosette n'avait pas eu de mère. Elle n'avait eu que beaucoup de mères, au pluriel.»

Cosette s'habille donc de façon recherchée mais trop élaborée pour son âge, à la limité de ce qui est acceptable pour une jeune fille de sa condition, « Cosette s'habilla. Elle arrangea ses cheveux de la manière qui lui allait le mieux, et elle mit une robe dont le corsage, qui avait reçu un coup de ciseau de trop, et, qui par cette échancrure laissait voir la naissance de son cou, était comme disent les jeunes fille, «un peu indécent»néanmoins c'est cela qui va charmer Marius et se l'attacher: «Cosette se pencha pour ramasser quelque chose à terre, son corsage s'entr'ouvrit et laissa voir la naissance de sa gorge. Marius détourna les yeux.» «Il contemplait et il adorait les choses qu'elle mettait, son nœud de ruban, ses gants, ses manchettes, ses brodequins, comme des objets dont il était le maître..."



Par la suite, lorsque Cosette épouse Marius, elle change à nouveau de condition et donc de tenue.

Prochain et dernier article: Cosette, jeune femme à la mode, Baronne de Pontmercy

jeudi 14 novembre 2013

vacance de la boutique du 14 au 18 novembre

Bonjour à tous

Ca y est nous y sommes, le grand rassemblement des passionnés d'Histoire se tiendra ce week-end à Pontoise.

Les Trésors de Mélusine y seront présents, de ce fait pour assurer la disponibilité réelle des produits sur le site, celui ci sera fermé du 14 au 18 novembre, le temps de réaliser un petit inventaire post-salon.

N'oubliez pas si vous venez me trouver sur le marché de vous munir du bon de réduction de 10% ci dessous:

mardi 5 novembre 2013

Le marché de l'Histoire de Pontoise
16 & 17 novembre 2013

Les Trésors de Mélusine s'installent à nouveau dans le hall du parc des expo de Pontoise, pour le désormais traditionnel marché de l'Histoire. 
J'aurai à vous proposer de nombreuses nouveautés, des dentelles anciennes, des galons de cuir frappés et doré à l'or fin, des taffetas et des cotonnades variées. Voilà une agréable façon d'occuper son week-end, vous pourrez déguster des pâtisseries oubliées, goûter de l'hypocras, acheter une corne pour le boire comme les vikings, ou encore vous choisir une tenue de gentilhomme ou de gente dame.

Trouvères et jongleurs, comédiens et chanteurs useront de tout leur art pour vous divertir et vous emmener par delà l'espace et le temps. Je vous attend nombreux, et chaussés confortablement car le marché est grand, n'oubliez pas d'en bien faire le tour pour me retrouver.
Pour vous motiver voici un bon de réduction à imprimer et à me remettre lors de votre commande:

 
Et pour vous tenter encore plus aller donc faire un tour sur ce merveilleux reportage photo du blog Voyager comme Ulysse.

Informations
Horaires: 10-19h le samedi; 10h-18h le dimanche
Entrée: 8,5 euros; 4,5 pour les moins de 12 ans, handicapés et chômeur
Buvette, restauration, dépôt vente de costumes et accessoires.

lundi 28 octobre 2013

Les voyages virtuels: début de collaboration

La naissance de cette collaboration part d'une rencontre fortuite entre passionnés, qui d'architecture, qui de costumes, mais tous d'Histoire!

Joachim Beuckelaer, 1530-1574
Les concepteurs de Voyages Virtuels réalisent des maquettes 3D de lieux historiques aujourd'hui disparus ou transformés. Une plongée vertigineuse dans l'espace et le temps qu'ils expliquent ici.
Outre l'important travail graphique à partir des données historiques disponibles, archéologiques, iconographiques entre autres, les auteurs ont choisi d'immerger au mieux le lecteur dans l'environnement de l'époque par le biais d'articles descriptifs sur le quotidien (ici sur l'aspect des rues d'une ville au Moyen-âge)  C'est à ce niveau que j'apporte ma modeste contribution, et vous pourrez découvrir, sur le site des Voyages Virtuels, une série d'articles sur le costume en 1572.

Voici un extrait de l'introduction récemment publiée:

En 1935, Jean Cocteau écrit à propos de la mode « Il faudrait filmer de la sorte les époques lentes et les modes qui se succèdent. Alors ce serait vraiment saisissant de voir à toute vitesse les robes s’allonger, se raccourcir, les manches se gonfler se dégonfler, se regonfler, les chapeaux s’enfoncer et se retrousser, et se jucher, et s’aplatir, et s’empanacher et se désempanacher...

La suite ici!

mardi 8 octobre 2013

Imagine...Cosette 1/3

«Exprimer l’humanité dans une espèce d’œuvre cyclique; la peindre successivement et simultanément sous tous ses aspects, histoire, fable, philosophie, religion, science, lesquels se résument en un seul et immense mouvement d’ascension vers la lumière"
La Légende des siècles préface
Cosette jeune fille, P.G Jeaniot
Dans ce voyage avec des personnages célèbres de la littérature, impossible de faire l'impasse, sur l'œuvre de Victor Hugo. Auteur prolifique, il peint ses personnage avec un luxe inouï de détails. Pour ce nouvel Imagine..., j'ai choisi le personnage de Cosette, du roman Les misérables, que l'on se représente toujours sous les traits d'une enfant en haillons et émaciée, ce qu'elle fut cinq années durant. Par la suite elle offre l'image d'une jeune fille confortablement vêtue, puis d'une jeune femme brillante initiant les modes. La richesse de l'écriture de Victor Hugo, la complexité du roman m'amène ici à ne pas simplement vous dépeindre un personnage mais à comprendre sa place dans l'œuvre. Je vais donc scinder mon propos en trois parties, qui seront autant d'articles:
          1. l'auteur et son œuvre Les misérables; objet de l'article présent
          2. Le personnage de Cosette jeune fille
          3. Cosette jeune femme à la mode et future baronne de Pontmercy

Victor Hugo et Cosette

Jean Valjean et  Cosette, G. Brion, 1862

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